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Toute l'histoire de Ranchal

La préhistoire :
Pas de renseignements précis mais d'après les  préhistoriens, l'implantation humaine débute  certainement dans notre région  dès le néolithique. (5000 ans avant notre ère).

L'antiquité :
En l'an -1400, la région est occupée par les "Ambivarètes".  Il s'agit d'un petit peuple celte indépendant.
Epoque gallo-romaine : En 52 avant JC, les "Ambivarètes" rejoignent les puissants Eduens dans la coalition contre les Romains. Le sol de la commune voisine de "Belmont" renferme des céramiques gallo-romaines et l'on peut y découvrir au lieu-dit "Les Fouilloux" les vestiges d'une voie de communication  de cette époque. Plus tard, les Romains s'installèrent en garnisons dans la région (Dun – Le Tourvéon). 

Le Moyen age :
1283
:Les premières traces de notre village figurent sur un parchemin rédigé en latin en 1283 (A.N. : P. 1367 cote 1515). Il nous donne l'origine du nom, celui-ci proviendrait soit de l'ancien dialecte franco-provençal  "Rane"  (d'origine prélatine) qui a donné "rocher", soit de l'ancien français "Ranche" signifiant barre et du suffixe augmentatif "Alem" (= Ranchal). 
Nous trouvons aussi l'écriture de "Ranchet" et "Rachet" sur de vieux documents du XVI ème (voir carte) & XVII ème siècle. Je me permet donc d'accorder crédit à une autre théorie : En 1573, Nicolas de Nicolay écrit "Rains tombe du village de Renchet, ou mieux Rainschet, à cause que Rains en chet s'en va soubz St vincent de Rains, à Cublise...etc..."  (Rains en chet = Rains en chute). La succession des déformations linguistiques aurait pu aboutir à la forme actuelle de Ranchal.

La lecture du parchemin de 1283 nous apprend que Louis, sire de Beaujeu (contre 250 livres viennois) confirme la donation faite par ses parents à Mathieu de Feurs de la jouissance viagère dans les paroisses de Ranchal et Thil (Fief sur la commune de Vaurenard). Louis de Beaujeu a épousé en 1272 Eléanore de Savoie, dont il eu 11 enfants, il est décédé le 23 août 1296.

Il y aurait eu, au moyen age, deux châteaux forts sur la commune, à Monpinay et à Chévelas (Au dessus de Favardy). Les vestiges du premier sont bien présents au col du Mont Pinay derriere l'ancienne auberge. Concernant le château de Chévelas, j'en ai recherché les traces et j'ai effectivement trouvé quelques pierres mais rien ne prouve qu'elles soient issues d'un château, son existence reste donc, jusqu'à preuve du contraire, une supposition.

Mythe ou réalité : De nombreux ranchalais font état de souterrains qui auraient relié les deux châteaux à l'église du village. J'ai personnellement du mal à souscrire à cela. Certaines parties de ces souterrains auraient été mises à jour lors de travaux près de l'église et dans un pré des Trembles. A mon grand dépit ces découvertes ont été immédiatement ensevelies et n'ont pas fait l'objet d'études sérieuses, il pouvait s'agir d'anciennes cryptes ou de très vieilles caves.

1320  : Le 23 septembre, Guichard de Beaujeu (dit "le grand", décédé le 18/9/1331) donne à Simon de Gleteins divers cens et rentes dans les paroisses de Cours et de Ranchal en récompense de ses bons services. (Simon de Gleteins damoiseau en 1286, chevalier en 1303, co-seigneur de Jarnioux , seigneur de Fougères (Poule) testa en 1329 et mourut la même année.) Les Gleteins ou Gletteins, sont originaire des Dombes. (En savoir plus : Voir "Gleteins" dans la page "annexes historiques" en cliquant ici )

NB : Les Chavannes de Rancé de Gleteins dont le blason de pierre figure mystérieusement sur le porche de la cour du bâtiment de la salle des fêtes, sont issus de cette famille par suite d'alliances.

1367 : Margueritte de Poitiers (Dame de Perreux), tutrice d'Edouart de Beaujeu, son fils, abandonne à Simon de Bego les revenus de la prévôté de Ranchal durant quatre années contre 100 florins et la quittance de 300 florins qu'elle devait audit Simon. (Acte du 9/6/1367 - A.N./P. 1389 cote 242)

1391 : Il est fait mention de notre paroisse dans un testament daté de 1391, par lequel Edouard de Beaujeu lègue à sa femme, la prévôté de Ranchal. 

1491 : Une enquête est effectuée par les officiers du Duc de Bourbon, à l'encontre de Pierre de Saint Romain, seigneur de Ranchal, au sujet des limites avec la seigneurie de Thizy. (A.N/P 1390 côte 477 bis) 
Les montagnes pauvres du Beaujolais servaient souvent de réservoir de troupes pour les armées du roi. Au XV ème siècle, les rois eux même venaient chercher des troupes dans la région. 

La renaissance :
1567
:  Henriette de Cleves (Duchesse du Nivernais) met en vente la vaste étendue qu'elle possède en cinq lots dont un nommé « Baronnie d'Amplepuis" avec Thel & Ranchal, ses annexes pour 1500 livres tournois par an, avec château et seigneurie de la goutte (fief d'Amplepuis) et ses dépendances. 

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Carte du XVI ème.
(Rachet = Ranchal)

Après plusieurs annonces et criées dans les principales villes de la province : Lyon, Villefranche, Thizy, Roanne, plusieurs enchères émanent de la noblesse locale ou régionale pour l'acquisition en tout ou en lots. Jean des Serpents, seigneur de Magny, offre 45 000 livres des terres d'Amplepuis, La goutte, Thel & Ranchal car elles sont limitrophes des siennes. Pierre Guillard, seigneur d'Estieugues et de Courcelle, pour les mêmes raisons que Jean des Serpents surenchère de 1000 livres. Le lendemain, Jean des Serpents augmente le prix de 100 livres. Le seigneur d'Estieugues s'obstine car il est propriétaire d'un petit domaine entretenu par un fermier sur la commune de Ranchal et gonfle la proposition à 47 000 livres. Un enchérisseur de dernière minute obtient l'adjudication, il s'agit de Julio Reste, un gentilhomme Milanais en résidence à Lyon.

1575 : La vente à Julio Reste est annulée, la baronnie d'Amplepuis et ses dépendances sont à nouveau mises aux enchères.  Nous pouvons supposer que c'est la famille "de Beaujeu-Lignières" qui l'achete puisque ce sont ses héritiers qui la vende en 1578.


1578/1579 : Claude de Rébé l'acquiert donc le 10 mars 1578 pour la somme de 120 000 livres (Quelle inflation !). Le 11 mai 1579 Claude de Rébé revendit Cublise, Thel, Ranchal et Saint Vincent de Reins en partie à noble Jean des Serpents, sieur de Magny et de Gondras. Ces paroisses furent unies à la terre de Magny situées audit Cublise et érigées en comté. (Source : Histoire du Beaujolais, et des sires de Beaujeu. De Ferdinand La Roche La Carelle. Publié en 1853. Ouvrage consultable sur internet en cliquant ici)

L'ancien régime :

1628 : La dernière épidémie de peste de la région a certainement du faire des ravages à Ranchal comme elle en a fait à Saint Claude (Commune de Belmont de la Loire). La chapelle de ce hameau a été construite sur la fosse commune creusée pour l'inhumation des nombreux pestiférés. Vous pourrez trouver dans cette chapelle une magnifique fresque relatant la peste de 1628 (Faite par M. Dubouis-Bonnefond en 1973 - photo ci-contre).

1667 : Claude des Serpents, dernier de son nom, mourut en 1667, chevalier des ordres du roi et capitaine de ses gardes. De son mariage avec Antoinette d'Aumont-Rochebaron il laissa trois filles dont l'une, Gabrielle, ayant épousé Louis Antoine de la Rochefoucault, lui apporta en dote le comté de Magny et ses dépendances (dont Ranchal).(Source : Histoire du Beaujolais, et des sires de Beaujeu. De Ferdinand La Roche La Carelle. Publié en 1853. Ouvrage consultable sur internet en cliquant ici)

1670 : On retrouve les premières traces de l'église dans un document daté du 11 mars, il mentionne la visite de Monseigneur Colbert, évêque de Mâcon pour faire l'inventaire des objets appartenant au culte et pour la vérification des caisses qui contiennent l'argent des messes et des œuvres et de la fabrique (entretien). (Archives du presbytère de Ranchal)

1698 : "11 décembre enterré Messire Benoit Goyne curé du lieu environ 40 ans"

               
XVIII ème siècle :  

Parenthèse sur Le fief de Montpinay : Il appartint successivement à noble Jean Vaginay commissaire et procureur du roi au présidial de LYON (1660), à Jean Baptiste Guillermain de Nuzières, à Jean- François de Guillermain, écuyer, seigneur de Nuzière. 
Le fief sera par la suite acquis par la famille Brac de la Perrière (Le fils, François, sera fusillé à Lyon le 5/12/1793. (En savoir plus : Voir "Brac François" dans la page "annexes historiques" en cliquant ici ). Le château sera ensuite acheté par la famille Gonnet connue comme la famille la plus aisée de Ranchal à cette époque et aussi pour avoir donné plusieurs chirurgiens. Du château, il ne reste plus aujourd'hui que quelques ruines. 

La foire : Montpinay était très connu pour ses foires (Les 28 avril, 29 mai, 2 juin & 31 août selon l'almanach de Lyon en 1752 et ultérieurement.) Elles réunissent des foules innombrables venant des villages à la ronde pour acheter ou vendre des céréales, du bétail, des pièces de toiles en écoutant la musique des vielles et des violons  et les chants des troubadours. Les soirs, le vin coule à flot, les bagarres éclatent fréquemment entre conscrits de plusieurs paroisses. La maréchaussée en sous effectif n'arrive plus à rétablir l'ordre. Ainsi, en 1820, les cavaliers pris à parti, pour se dégager, mettent le sabre à l'air. L'un des assaillants  a eu la main coupée (A.D 69/4M p.21 - 1820-1821 Conspiration contre la gendarmerie à Montpinay). A la suite de cet évènement la foire fut interdite et supprimée, jusqu'à son rétablissement récent. La foire de Mont Pinay, est aujourd'hui symbolique. Autrefois le 29 avril on pouvait y déguster le traditionnel chevreau dans la grande maison située à droite juste avant l'arrivée au col. La tradition du chevreau existe toujours mais il est désormais servi dans la salle des fêtes du village et je vous conseille vivement d'y participer à la première occasion.. (Le chevreau est un plat rare et d'une grande finesse).

1700 : Au début du XVIII eme la famille de M. le prêtre de Vauban  (Frère du célebre Maréchal de France) hérita par alliance des terres et justices de Cublize, Magny et Ranchal et garda ces dernières jusqu'à la révolution. 

Ranchal faisait partie de la Chastellerie de THIZY et, comme Cours, possédait un "chacipol", ce qui était à peu près un "châtelain de la campagne". 
Au XVIII ème, les sergents recruteurs venaient chercher des troupes dans la région. Les récoltes étaient souvent médiocres et les familles trop nombreuses (C'est la seule allusion à la libido légendaire des Ranchalais). Le sergent recruteur n'avait pas de mal avec quelques verres de vin à faire signer de braves garçons pour un engagement de 7 ans voire plus. Il distribuait des médailles représentant la gloire qui attendait le futur soldat. Le soldat du "régiment du Beaujolais" dit « Beaujolais infanterie » était vêtu d'un costume gris perle avec revers rouges – culotte et gilet rouges – chaussures noires avec boucles de fer - tricorne noir et cocarde blanche - boutons de cuivre ronds et équipé d'une cartouchière de cuir fauve avec fleur de lys – fusil à pierre à un coup et sabre court dit " briquet ".

1709 : Les Ranchalais ont du beaucoup souffrir de la grande famine qui fit suite à la météo catastrophique et hors du commun de janvier 1709. (Certains arbres éclataient sous la pression du gel.)
Un vers écrit en 1909 par l'abbé Lucien Lacroix dans sa fable "Le loup et le tchan" (Voir page "le patois de Ranchal") nous montre combien le souvenir de cette famine est resté vivant dans la mémoire collective des paysans Ranchalais après deux cents ans !

1728 : "L’an 1728 au mois de décembre a été fait le lambrie de l’Eglise de Ranchal par les soins de Messire  Antoine Jourdan curé du lieu et de Sr Benoist Goyne et Toussaint Tribollet fabriciens (chargés de l'entretien) de la dite paroisse desquelle ont signé les dit curé et le dit Sr Goyne et non le dit Tribollet pour ne savoir escrire"

Note : TRIBOLLET Toussaint  fabricien :voit le jour en 1668. Toussaint sera Laboureur. En 1695 reside à La Bretonière. Il s'unit avec Toussaine FOREST Ce couple aura sept enfants :
Lui parrain de : Tribollet  Joseph 1713 – 1788    Future époux de Françoise Combi
                          Tribollet Marie 1726 – 1773    Future épouse de Antoine Desfayes
Elle Marraine    Tribollet  Joseph 1713 - 1788
Toussaint TRIBOLLET est décédé le vendredi 16 février 1748, à l'âge de 80 ans, à Ranchal.

1740 / 1756 : On peut lire sur un document signé du curé Garambois du 17 février 1744 : « Le 17 fevrier 1744 on a ôté le vieux Christ a cause de sa laideur et on a mis le petit qui a couté 15 livres et la croix peinte en olivier avec la poutre 10 livres. La voiture de thizy ici 20 sols. En tout 26 livres ».

   
  Source : http://doc.geneanet.org  

Le 13 Juillet 1744, un document fait état de la bénédiction d'une cloche nommée Marie : "Le treizième du mois de juillet 1744 on a bénis une cloche dans cette paroisse de Ranchal nommée Marie par Messire Antoine Perret lieutenant de la justice de Cublise et dépendance et par Marie demoiselle Elisabeth Constantin epouse du dit Messire Perret au nom et par l’ordre de Mre jacques Philippe Sébastien Leprêtre comte de Vauban lieutenant de chevau légers de la reine, seigneur de Magni et d’autres places et de dame Madame anne joseph de la Queuille comtesse de Vauban son epouse parain et marraine de la dite cloche qui a été bénite par moi Estienne Mercier, Bachelier en theologie curé de St Boner de Troncy et archiprêtre de Beaujeu en presence de MiSSre Jean Dominique Garambois du dit Ranchal de Mre Antoine Chavany curé de Cublise de Mre Jean Dominique curé de Thel et de Mre Claude Peillon curé de Cours et autres prêtres méritants qui ont signés aussi nous archiprêtres du dit qui m’a prié de faire le présent acte."

Le trois octobre 1745 l'évêque de Mâcon constate que l'église  (qui était alors entourée d'un cimetière) et tous les accessoires sont très usagés. 18 août 1749 bénédiction d'une cloche.

1749 : Le 18 Août 1749 a été benie la grande cloche qui avait été refondue le 4e du même mois son parain a été Messire jacques Philippe Sebastien Le Prestre Comte de Vauban maréchal des camps des armées du Roy, seigneur de Magny et d’autres places et sa maraine dame Madame Anne joseph de La Quieuille Comtesse de Vauban (Garambois  curé)

1752 agrandissement de l'église de huit pieds sur le devant (Coût : 320 livres).

"Cette année 1752 j’ay avec joseph Polloce fabricien fait refaire la muraille de l’eglise du côté devent, et comme il fallait refaire la moitié de celle du soir on la fait refaire en entier au moyen de ce on a agrandy l’église de huit pieds pour ôter une méchante tribune qui aurait toujours occasionné la chute du mur de  côté devent la dite reparation a couté 320 livres non compris le lambry qu’il faut faire dans l’avancemt de l’Eglise (Garambois   Curé)
Dieu soit loué. La méme année je l’ay fait reblanchir"

Note : Le pied en France : Unités de mesure (Ancien Régime). Le pied du Roy de France, unité maintenant désuète, était déterminé en mètre par la définition même du mètre décimal. Cette dernière stipulait que « le mètre est égal à 3 pieds et 11,296 lignes de la toise de Paris ». De là, un pied du Roi mesure environ 0,324 839 385 m. L'église de Ranchal avait donc été agrandie de 2, 6  m.

1756 : L’année 1756 Messieurs de St François de Sales de Ste Colombe les viennes proche vienne en Dauphiné ont fait la mission à Ranchal laquelle commença le 16 may et finit le 20 juin même année  La croix de la mission fut plantée et benie le 18 juin jour de vendredy.  elle a eté donnée par Monsieur L’acocat du carre demeurant à St Maurice en brionais la couronne d’epines a coûté 6 livres le coq autant. Enfin malgré le don de Sieur Ducarre la croix coûté prés  de quante livres y compris le charrois écarrage peinture pouvu dommages qu elle causat dans le pré de Sapalis où il fallut la passer. l’Eglise de Ranchal a eut pour restitution incertaine près de cinq cents livres dont on fera carreller la dite Eglise qui n etait pavée qu à pierres brutes et les quétes pendant les dimanches qu a duré la Mission (Garambois    curé)
Messieurs les Missionnaires ont eu pour faire leur Mission trois cents livres.

1763 : Ce fut en la dite année 1763 et le 23èm jour de mars que sieur jean claude Deschamps de Lyon pris possession du bénéfice de Ranchal.
Loué soit le Seigneur

1772 : L année 1772 dont on va transcrire la table cy-après est celle en laquelle n a cessé de prendre les Registres au greffe de Villefranche aussi le registre de la dite année est le premier de ceux qu on a perçu du greffe de Lyon
Il est aussi à remarquer qu’en la dite année Monssigneur Gabriel françois Moreau evéque de Macon, à la requette de Sieur jean claude Deschamps curé de Ranchal a ordonné et établi un vicaire en la paroisse de Ranchal qui se trouvais pour lors compose de 522 communiants et le dit vicaire nommé entra en exercice de ses fonctions le jour de St Martin 11e Novembre de la dite année patron tutelaire de la dite paroisse.

Avant la révolution, Ranchal était paroisse dans le Beaujolais, du diocèse de Mâcon, de l'élection de Villefranche, de l'archiprêtré de Beaujeu. Il ressortissait à la justice de Cublize et de Magny. La collation appartenait au prieur de Thizy qui partageait la dîme avec le curé. La dame était la marquise de Vauban.

Vers 1780 : Cassini termine la carte de France et répertorie Ranchal et tous ses hameaux. Ne cherchez pas la Madone, elle n'arrivera que dans 90 ans. (Voir annexe "Cassini" en bas de page)
Certains hameaux n'ont pas changé de nom (Les Fayes, les Trembles, le Mont, le Forest, la Bretonnière, le Guichon, le Sornin).
D'autres se sont transformés, Pelossy (Polcy), Gaty (le Gatier), Coupy (Le coupier), Chinier (Le Chambost), Pelou (Le Peloux), Montpinay (Le Mont Pinay), La Brosse (Labrosse).
(En savoir plus :
Voir "Carte de Cassini " dans la page "annexes historiques" en cliquant ici )

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1783 : « Le 13em juin de l année 1783 au nom de la bienheureusse Vierge Marie et de l’apôtre st jean a ete benie avec la permission de Monseigneur l evéque de Macon et par moy curé soussigné la grosse cloche de notre Eglise sous le vocable de St Martin de Ranchal en presence de Messire desbrosses curé de St Bonnet le Troncy de Mesire Labrosse vicaire des Ardillats de Pierre Coillard auminier de la dite paroisse et autres habitants qui ont signé avec moy »
De Brosse  curé           Labrosse  vicaire        Coillard     A Chigné Vermorel     Labrosse    Longin     Coillard            Deschamps Curé

« L’an 1783 et le 31 aoust Messire Jean Claude deschamps cy devant curé de Ranchal et d’ …….., muny des sacrements de l Eglise décedé avant-hier âgé de 43 ans a ete inhumé dans l’église de cette paroisse en presence de messieus Claude françois Dumas curé de Belleroche et archiprétre de Beaujeu de Claude poisat curé de thel d antoine Denis dumoulin curé de Belmont   de françois debrosse  curé de St Bonnet d’Antoine jacques vicaire de poule de Claude Marie labrosse de signataire du dit deffunt  Qui ont signé »
C. Moulin curé       poisat curé de thel              Dumas curé de Belleroche
Debrosse curé de   ST Bonnet                                 archiprétre de Beaujeu
Labrosse prêtre deservant
Jacques vic. de poule             Ducreux  curé de St  Vincent

Epoque contemporaine :

La révolution 
En janvier 1789, Louis XVI décide la convocation des états généraux. Chaque paroisse rédige ses cahiers de revendications et de doléances. Suite à cette convocation des assemblées se réunirent dans chaque paroisse du 6 au 13 mars, elles furent présidées en général par des officiers de l'ordre judiciaire exerçant dans la localité, ou par la personne la plus qualifiée. Ranchal avait droit à deux représentants le 16 mars 1789, à l'assemblée primaire de Villefranche. Le Haut Beaujolais étant très royaliste, on appelait cette région " La Vendée Lyonnaise " . 

1789 : Les Ranchalais enlevèrent ses droits au dernier seigneur de Ranchal, la Marquise de Vauban, mais avec beaucoup de respect. (La pauvre femme très âgée finit ses jours à l'hospice de Roanne.) 
A la crise " politique " de la révolution s'ajoute une crise économique.  On peut supposer que Ranchal  subit ce choc régional, la sécheresse de l'été 1788 entraînent une hausse des prix et cette sous-production rurale déclenche une sous production industrielle et le chômage…C'est vrai surtout du textile…Toute la région lyonnaise en est victime...
"Les paysans manquent de semences en raison de la récolte de blé déficitaire, l'hiver est précoce et rude. Le froid commence à la Saint Martin (11 novembre 1788) et dure jusqu'au 14 février 1789 : la terre est gelée à trente pouces (un mètre environ) de profondeur…le Rhône, la Saône, les rivières gèlent et les moulins cessent de moudre " (L.Trenard)

1791
Un extrait de la page "clocher" : le prêtre de Ranchal (Claude Marie Labrosse) prête le serment prescrit par le décret du 27 novembre 1790, avec réserves et restrictions. Quelques semaines plus tard, lui et son vicaire (Monsieur Dupont) se rétractent et deviennent hors la loi. Le 26 août suivant, un arrêté du département de "Rhône et Loire" les dénonce à l'accusateur public de Villefranche et il les poursuit comme perturbateurs du repos public (A.D.69/L 107). S'ils peuvent échapper à l'échafaud, la déportation dans les bagnes de Cayenne les guette. Ils continuent leur sacerdoce en cachette dans les fermes bienveillantes de la région. 
L'abbé Deschavanne - Chiramondant, curé constitutionnel remplace le prêtre Labrosse jusqu'à la fin de l'église constitutionnelle. La population lui mènera la vie dure. Quand il sort du presbytère, on ne lui témoigne aucune sympathie, on lui crie "ô loup, ô l'intrus, ô le sacrilège!". On refuse de porter la croix à l'occasion des enterrements, de témoigner pour les actes de catholicité, le soir on tire des coups de feu et on lance des pierres contre ses volets. On constate que les femmes de Ranchal avaient déjà du caractère quand il raconte lui même ses mésaventures : 
" Un jour, des femmes m'ont fait sortir de la cure et ont pris mes meubles pour les sortir, m'ont couru de maison en maison, m'ont tiré de coté et d'autres ont déchiré ma soutane... Le jour de la Saint Martin, je voulus dire les vespres, une troupe de jeunes gens entourèrent l'église de Ranchal, j'en fis fermer les portes et ils ne cessèrent de jeter des pierres pendant la bénédiction."

L'état de la conscription de 1793 montre un manque réel d'intérêt pour la Révolution. Beaucoup de conscrits avaient une taille inférieure à Im50 ( incapacité de charger le fusil par le canon) ( taille moyenne du fusil Im58 ) donc reformés. Voici quelques autres exemples : 
Chuzeville J.J : entorse au genou gauche,
Chabert Jean : ulcère scrofuleux à la jambe,
Magill J.M : bancal et scrofuleux,
Chabert C.M : pouce et doigt coupés,
Vau Dominique : atteint de strabisme,
Ovise : borgne,
Descroix : idiot,
Chennette, Lachise, Forest,Bonnevay,Vermorel, Bumichon : tous sont déserteurs  

L'église fut refaite au début du XIX ème siècle, et certains textes me laissent supposer que c'est à l'occasion de cette reconstruction que fut déménagé le cimetière qui se trouvait alors autour de l'église.  

1846 : Population ranchalaise record  : 1405 âmes

1868 : Naissance du projet « Notre Dame de la Rochette » dans l'esprit du curé Sauzéat.(Voir page "la Madone")  

1870 : Rien de précis sur la guerre de 1870. A la suite de ce conflit, des officiers de l'armée ont cartographiés la région et ont alors francisé les noms des hameaux. Par exemple, "tsi coupy" (chez coupy) est devenu "Le Coupier". "Polossy" (Famille Poloce) est devenu "Polcy". 

1871 : L'inauguration de la Madone, retardée par la guerre de 1870 ne se fit qu'en 1871. Jamais Ranchal ne vit plus grandiose cérémonie. La madone n'est alors qu'un socle constitué de quatre piliers et surmonté de la tour supportant la statue de la vierge.

1874 : Fondation de l'école privée par les frères congréganistes (Dans le bâtiment de l'actuelle salle des fêtes). (En savoir plus : Voir "Pierre alexis Labrosse" dans la page "annexes historiques" en cliquant ici )
1880 : Ce n'est que près de dix années après l'inauguration qu'on ajouta au monument la gracieuse chapelle qui fait de Notre Dame de la Rochette un monument remarquable.

1897 /1899 : Nous pouvons noter à la date du 10 octobre 1897 (un dimanche) l'incendie du clocher de Ranchal, la flèche tombe sur la toiture, les dégâts sont énormes, les quatre cloches furent retrouvées à moitié fondues. 
En 1898, la commune réalise l'agrandissement du cimetière et la croix centrale  offerte par Jubin Burnichon y est érigée.
C'est le 21 juillet de la même année que les cloches furent refondues puis baptisées le 25 septembre. Le 28 septembre de la même année eu lieu l'inauguration de l'église reconstruite. (réception finale des travaux le 25 février 1899).

La courbe de population est très éloquente. (Nous dépassions les 1400  habitants au milieu du 19eme et nous étions moins de 250 dans les années 1980.) Actuellement et depuis plusieurs années, la population Ranchalaise augmente régulièrement pour se situer aux alentours de 320 personnes en 2004.  

XX ème siècle 
Notons que de multiples utilisations de la force hydraulique du Reins et autres ruisseaux Ranchalais étaient déjà  utilisées depuis longtemps pour moudre scier, carder ou tisser.
Au début du XXème siècle, Ranchal était célèbre pour son activité commerciale, on y trouvait :

-12 débits de boissons !!!
-2 cordonniers
-2 boulangers
-2 coiffeurs barbiers
-2 bouchers
-1 marchand drapier
-1 moulin
-4 scieries
-1 charron forgeron
-1 maréchal-ferrant
-1 chiffonnier
-2 menuisiers
-3 marchands de vins
-2 modistes
-6 épiceries
-4 maçons
-1 fabricant de chaises
-1 fabrique de sabot
-1 fabrique de tuiles (au lieu-dit "la tuillère" entre "Mont Pinay" et "La croix bleue")

Dans chaque hameau ou presque, un débit de boissons dont le bar était souvent la table de la cuisine des propriétaires. Le vin y coulait à flots et le rôle social de ces "cafés" était primordial puisque ils étaient les seuls "points de rencontre" pour les gens isolés. Parmis les Ranchalais, beaucoup étaient de petits fermiers et vivaient pratiquement en autarcie. (2 à 6 vaches et 3 à 4 hectares de terres par exploitation)

Dans les années difficiles, la nourriture se composait de pain de seigle, de gaufres et de bouillies de blé noir, de fruits sauvages, des légumes du jardin, de lait et de fromages. Exceptionnellement on consommait la viande de la basse cour ou  des cochonnailles de l'élevage personnel (ou de celui du voisin : Tradition toujours présente de la fricassée offertes aux voisins lors de l'abattage du cochon). Les moulins donnent une farine grossière, mal tamisée, qui une fois cuite, donne une pâte indigeste et des bouillies qui ressemblent à de la colle gluante et noire. Les quelques mesures de froment sont réservées aux malades. Le miel tient une grande place dans l'alimentation, il est mangé en tartines et sert à sucrer les boissons chaudes. 

Les auteurs des siècles précédents dépeignent la paroisse de Ranchal comme un pauvre pays sans ressources. De tout temps, ses habitants ont été d'humbles travailleurs de la terre. La vie est dure, les fermiers passent tout leur temps dans les champs, toute la famille y travaille du lever au coucher du soleil. L'hiver, les hommes vont dans les bois couper les taillis, les gros morceaux sont débités pour la cheminée, les branches sont mises en fagots. 
L'hiver, c'est aussi les veillées. On se réunit autour de la table pour passer un moment et discuter. Les plus âgés racontent des histoires aux enfants, les femmes tricotent ou brodent. On casse les noix, ont cuit des châtaignes. Mais comme les revenus sont insuffisants, bon nombre de paysans se transforment l'hiver en tisserands, les fermes résonnent du bruit du métier à tisser à la main qui produit quelques mètres de toile très grossière nommée "ratine". Quelques brodeuses assurent aussi un petit revenu à la famille, ce sont des pièces admirables qui sont ainsi fabriquées (On peu encore en trouver dans quelques foyers ou sur l'hôtel de Notre Dame de la Rochette).  

En 1921, fête du cinquantenaire de la Madone, Ranchal était incroyablement décoré. (voir photo) 
En 1925 apparaît la première voiture à Ranchal.

Le tissage prendra dans la région un essor considérable en 1928 quand l'électricité sera installée au village et dans les principaux hameaux. Le gros chantier de l'électrification se continuera dans les autres hameaux jusqu'en 1942 (oui, pendant la guerre). De nombreux agriculteurs achèteront plusieurs métiers à tisser, créant de petits ateliers et peu à peu en feront leur revenu principal. L'agriculture devient secondaire, les terrains mal exposés deviennent des plantations de douglas, ces résineux importés du Canada en 1835 par le Comte de Sablon poussent vite et sont un bon placement pour l'avenir. (Vous remarquerez dans la page "cartes postales anciennes" comme les pâturages étaient importants à l'époque.)
  
Les guerres
1914/1918 : Le village paya un très lourd tribu à la guerre 1914/1918. 55 noms de jeunes gens sur le monument de la place de la mairie soit presque 10 % de la population ! (Voir photo ci-dessous). A titre de comparaison, à l'échelle de la nation, on compte 1.4 millions de morts soit 3% de la population. Une preuve de plus, comme toujours, c'est chez les miséreux que l'on prélève la chair à canon...
Si vous voulez savoir ce qu'on vécut, à la fois les gens restés au village et ceux partis dans les tranchées, je vous conseille vivement l'excellent livre d'Exbrayat "Jules Matrat" (Livre de poche n° 5261) (En savoir plus : Voir "Extrait de Jules Matrat " dans la page "annexes historiques" en cliquant ici )

Ranchal filmé ver 1930 : Petit film visible dans la page "Annexes historiques"

1939/1945 : Trois noms sur le monument aux morts en 1939/1945. Le monument aux morts originel se trouve au fond de l'église, celui de la place, moderne, a été inauguré le 10 mai 1980. (Voir photo ci-contre)

Dsc01896.jpg (47541 octets)

Durant l'occupation, en 1942, les allemands établirent un camp relativement important prés du col des écorbans. Ils se sont, à ma connaissance, toujours bien comportés avec les Ranchalais. En 1944, avant leur départ, ils ont démonté le camp (construit presque entièrement en préfabriqué)  puis sont tombés sous les balles de la résistance. (Voir les photos et toute l'histoire détaillée dans la page "camp allemand" ). 

En cherchant un peu, on peut découvrir dans les épaisses forêts d'aujourd'hui (Qui étaient alors des prairies) des vestiges impressionnants (Embases de radar en béton, sous sols, 1 bâtiment encore  dressé, deux réservoirs d'eau, des fondations, escaliers etc... Vous trouverez ces vestiges à droite du chemin qui relie le col de écorbans au GR 7 (à 1 Km environ du col  en direction de Favardy). 

Pendant cette guerre, certains habitants du village connurent des aventures difficiles :
- Voir la page "la grande évasion" qui relate l'histoire de Monsieur André Lièvre qui, après s'être échappé d'un camp de prisonniers en Allemagne, regagna Ranchal à pied en ne se déplaçant que de nuit.

- Monsieur Georges Longin, prisonnier en Allemagne, vit sa fille "Blanche" pour la première fois alors qu'elle avait déjà  cinq ans.
- Le 3 mai 1944, les maquisards de Thel sont massacrés par les allemands. Ils se cachaient parfois à Montpinay chez la famille Ballandras.
Voir dans la page "annexes historiques" le témoignage de Mme Longin Marie Joseph née Ballandras

1951 : Encore une grande fête au village pour les 80 ans de notre chère Madone.
Programme  de la fête de 1951 : 10 heures, grande messe en plein air à N. D. de la Rochette. 14h30 Départ du pèlerinage pour le sanctuaire. Après la fête religieuse, Kermesse, tirage de la grande tombola de la Madone, grande réjouissance avec les renommés frères Bambous, de Cours, dans leur spectaculaire numéro.

1959 : adduction du réseau d'eau dans le bourg de Ranchal. Les hameaux devront attendre de 1960 à 1971.  

1971 : Le 5 septembre  : centenaire de Notre Dame de la Rochette. (Remercions la de nous donner de si nombreux prétextes pour faire la fête.)

Pendant la deuxième partie du vingtième siècle, chaque maison ou presque possède un ou plusieurs métiers à tisser.(Quelques façonniers : Longin Maurice, Longin Raymond, Longin « La vallée », Burnichon, Chabert, Passot, Desseigne, Marcellin etc…). Sept familles de Ranchal vivent entièrement du tissage jusque dans les années 1970. Le commerce de broderie est très développé, certains travaillent directement mais les ouvrages sont principalement distribués  par Madame Forest « Le Pradon », puis Mademoiselle Besacier Joséphine « Le bourg », et enfin Madame Dubreuil de Cours. Ce travail provient des entreprises de Lyon en majeure partie. 

Outre les petits ateliers, on y compte alors deux usines :
- L'usine Longin avec une dizaine d'ouvrier tisse du coton servant à la confection de chemises, elle ferme en 1970 (Le propriétaire, Monsieur Fernand Longin , sympathique et jovial se lance alors avec succès dans l'hôtellerie à Lyon mais conserve sa maison de Ranchal.)
- L'usine Thoviste et Gouttard (Ancienne usine Bouzique & Pitiot) qui fabrique du tissu vichy emploie jusqu'à 50 personnes pour des salaires de misère dans des conditions de travail épouvantables (Bruit abominable, chaleur l'été et froid l'hiver, station debout pour les tisseurs pendant 8 heures - Une direction locale unanimement critiquée par les ouvriers). Les horaires étaient 5h/13h ou 13h/21h en alternance hebdomadaire. Petit à petit, l'usine décline et ferme le premier janvier 1985, une partie du personnel va rejoindre la maison mère à Bourg de Thizy. Le bâtiment devient une ruine et est actuellement propriété d'un particulier et en cours de restauration.
Les effilocheurs se situent sur le cours d'eau au lieu dit « en Reins » (Effilochage Burnichon et Lafond).

Ceci est la synthèse de tous les documents que j'ai pu consulter. Je compte sur tous les amoureux de Ranchal pour m'envoyer toute information relative à l'histoire du village  (Cliquez sur "contact"). Les anecdotes personnelles étant également les bienvenues. Merci.

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Pour voir les annexes historiques, cliquez ici

Vous y trouverez des précisions sur les sujets suivants :
Liste des maires Blason du village Logo "Ranchal, village vert"
Saint Martin le patron de la paroisse La carte de Cassini Françoic Brac
Pierre Alexis Labrosse Alexis Gonnet Simon de Gleteins
Mystère à la boulangerie Burnichon Tickets de rationnement Extrait du livre "Jules Matrat"
"Miracles" à Ranchal en 1824 Maquis de Montpinay  

 
 
 
 
 

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